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Journée mondiale contre l’homophobie | Comment agir dans son entreprise ? Avec Catherine Michaud sur Forbes.fr

Alors que plus de la moitié des salariés LGBTQ+ cachent encore leur orientation ou identité sexuelle au bureau, de plus en plus d’entreprises prennent conscience de leur rôle en matière d’inclusion. A l’occasion du 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie, Catherine Michaud Présidente de GayLib explique sur Forbes.fr pourquoi il est essentiel de discuter ouvertement de ces sujets à l’intérieur de son entreprise.

« Le malaise provient de peurs multiples : le regard des autres, d’être jugé, exclu, incompris, subir des moqueries, insultes homophobes ou autres remarques peu délicates, et bien sûr la peur des conséquences et incidences sur sa carrière professionnelle. Pour les lesbiennes on peut y ajouter le phénomène « double peine », le sexisme et la lesbophobie ordinaire.

En créant BNP Paribas Pride France, l’un des messages envoyés à nos collègues LGBT+ était « vous n’êtes plus seul(e)s, soyez vous-mêmes ! ». Nous avons reçu des témoignages très émouvants de collaborateurs et collaboratrices pour qui venir au lancement de Pride a été une libération, une affirmation. Car oui, c’est en effet différent de parler avec ses collègues de son week-end si on n’est pas out. Certains collaborateurs s’isolent, ne participent plus à des moments de vie collective au bureau pour ne pas avoir à potentiellement répondre à la question pourtant simple « et toi tu as fait quoi ce week-end ? » ou « alors tes vacances, raconte ? ».

Ne pas se sentir dans un environnement bienveillant au travail, peut être une réelle source de souffrance. C’est aussi une perte d’énergie importante du collaborateur à s’inventer une autre vie, à faire des phrases avec une certaine syntaxe. Par ailleurs, en ce qui concerne l’entreprise, le mal-être d’un collaborateur s’associe souvent à une perte de productivité et d’efficacité. Un collaborateur en souffrance est un collaborateur qui met de l’énergie à cacher qui il est réellement, ce qui se traduit ensuite dans la qualité de son travail. Quand on est out, c’est très banal de parler de son week-end ! Personnellement, je parle de mes week-end, vacances en disant « ma copine et moi », « nous ». C’est pour moi tout aussi normal qu’un collègue qui me parle de sa vie d’hétéro ! »

Interview complète en ligne https://www.forbes.fr/management/journee-mondiale-contre-lhomophobie-comment-agir-dans-son-entreprise-avec-catherine-michaud-du-reseau-pride-chez-bnp-paribas/

Propos recueillis par Yann-Maël Larher

Docteur en droit du travail, Yann-Maël LARHER est un avocat, fondateur du cabinet Legal Brain Avocats et co-fondateur de okaydoc.fr. Engagé pour la valorisation de la recherche et de l’innovation en France, il a travaillé en tant que juriste et en tant que communicant dans différentes organisations (Stratégie Gouv, TOTAL, VINCI). En 2019, Yann-Maël LARHER fait son entrée dans le classement « Top Voice » des influenceurs de LinkedIn où il partage activement sa vision de la société. Il a publié « Le droit du travail à l’heure du numérique » (2021) aux éditions Nuvis. 

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“PMA & filiation : où en est la loi ?” Interview de Laurence Brunet

Suite au Facebook Live organisé par Gaylib le 26 janvier 2021, nous n’avions pas pu répondre à toutes les questions légitimes des internautes. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité revenir sur le projet de loi bioéthique ouvrant la PMA à toutes les femmes en interrogeant cette semaine Laurence Brunet, juriste chercheuse à l’ISJPS (institut des sciences juridiques et philosophiques de La Sorbonne). 

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Laurence Brunet: Juriste, chercheuse associée à ISJPS-Université de Paris 1. Je suis spécialiste de droit des personnes et de la famille. Je travaille depuis plusieurs années sur les nouvelles configurations familiales issues des avancées de la médecine de la reproduction humaine (assistance médicale à la procréation) et de la libéralisation des cadres familiaux (divorce, recomposition familiales, naissances hors mariage, concubinage, pacs et mariage des personnes de même sexe)

Selon toi, quand dans l’Histoire, et comment observe-t-on la volonté de faire famille par les personnes LGBT ?

Laurence Brunet : Je ne suis pas sociologue et mon instrument de mesure pour appréhender ce phénomène est  essentiellement la jurisprudence, c’est-à-dire les décisions qui sont rendues par les tribunaux français en matière familiale. A partir des années 90, des décisions sont publiées qui montrent que les couples de même sexe s’autorisent à faire famille. La première forme concerne des projets de co-parenté (deux parents homosexuels -en couple ou non-, de sexe différent et ne vivant pas ensemble) qui s’entendent pour mettre au monde un enfant.  C’est l’époque où l’on voit dans des journaux des petites annonces dans lesquelles des hommes ou des femmes homosexuel(le)s cherchent à rencontrer une femme ou un homme homosexuel(le) prêt(e) à partager avec eux/elles la réalisation d’un projet parental. Une affaire de cette sorte est jugée par la Cour de cassation en 1994 : un couple de femmes avait passé une annonce pour « recruter » un donneur de sperme avec lequel l’une d’entre elles avaient été inséminée à son domicile. Un enfant était né, reconnu avant la naissance par ses deux auteurs biologiques. Cependant les deux femmes souhaitaient élever seules l’enfant et cherchèrent à écarter le père. Pour rejeter la prétention du couple d’homosexuelles, la Cour de cassation fit application des règles du droit commun de la filiation : le père se vit reconnaître un droit d’exercice conjoint de l’autorité parentale. En creux de cette décision émerge une nouvelle forme de pluriparentalité : les géniteurs sont les seuls parents légaux investis de l’autorité parentale mais le compagnon de même sexe avec qui chacun des parents peut éventuellement vivre est associé de fait à l’éducation quotidienne de l’enfant, mais en dehors de tout statut légal. 

 A partir des années 2002, les couples de femmes commencent à se déplacer à l’étranger, dans des pays où elles peuvent bénéficier d’une AMP avec don de sperme, sans être ressortissantes ou résidentes de ces pays (Belgique, Espagne). Celle qui porte l’enfant et en accouche en France est tenue pour la mère légale de l’enfant. Tout l’enjeu est de savoir comment sa compagne pourra faire établir un lien de droit avec cet enfant. L’adoption plénière n’est pas possible : il faut être marié. La seule solution envisageable est l’adoption simple mais elle est refusée par la Cour de cassation en 2007. A partir de 2006, les juges autorisent néanmoins la mère à partager l’exercice de son autorité parentale avec la femme avec laquelle elle vit de manière stable. Mais celle-ci ne pourra être reconnue comme parent (par adoption intrafamiliale) avant la loi du 17 mai 2013.  

Un enfant né d’une PMA dite artisanale ne pourra être reconnu ? adopté ?

Laurence Brunet :  Lorsque la révision de la loi de bioéthique sera votée, elle n’autorisera l’établissement immédiat de la filiation (par reconnaissance conjointe préalable devant notaire) à l’égard des deux femmes qui se sont engagées dans un projet parental commun que si l’AMP a eu lieu dans un service de médecine de la reproduction avec un donneur anonyme.  L’enfant né d’une AMP artisanale ne pourra pas bénéficier de ce mode d’établissement ;  c’est le droit actuel qui continuera à s’appliquer. Il faudra que la mère sociale (celle qui n’en aura pas accouché) introduise une demande d’adoption, à la condition que le géniteur (donneur de sperme connu) n’ait pas déjà reconnu l’enfant. Toutefois les dispositions sur l’adoption sont aussi en cours de révision et il ne devrait plus être exigé de la mère sociale qu’elle soit mariée avec la mère légale pour pouvoir adopter l’enfant issu d’un tel projet. La concubine ou la partenaire pacsée de la mère légale devraient pouvoir demander une adoption intrafamiliale. 

La PMA sera-t-elle autorisée pour un couple de femmes avec un donneur connu (sans droit pour le donneur) ? Y a-t-il une filiation prévue dans le texte pour les inséminations avec donneur connu ?

Laurence Brunet : Non, une telle AMP ne sera pas autorisée et aucune disposition ne protégera donc le statut parental de celle qui n’aura pas accouché de l’enfant. Le donneur pourra toujours reconnaître l’enfant et empêcher ainsi l’établissement de la filiation (par adoption) à l’égard de celle des deux femmes qui n’a pas accouché. 

Qu’est-il prévu pour améliorer l’accès au don (longue liste d’attente) ?

Laurence Brunet :  Rien dans les textes. Il revient à l’Agence de biomédecine, en charge notamment de la promotion du don de gamètes, d’organiser des campagnes de sensibilisation, ce qui a été plusieurs fois entrepris.

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[COMMUNIQUÉ] Candidats de Gaylib aux élections municipales 2020

Les 15 et 22 mars 2020 se tiendront les élections municipales.

Gaylib se félicite d’être présente à travers la France et de compter parmi ses administrateurs les candidatures suivantes :

  • Hervé Caël à Nice (06),
  • Clément Gorsy à Colmar (68),
  • Catherine Michaud à Paris (75),
  • Aloïs Vicenzi à Argenteuil (95).

Nous comptons au sein de nos membres de nombreux candidats, y compris dans des grandes villes telles que Rouen, Boulogne-Billancourt, Marseille et Strasbourg.

Nous sommes fiers de porter nos valeurs progressistes et humanistes lors de ce scrutin local et de proximité avec nos concitoyens.

Organisme associé au Mouvement Radical, vous pouvez retrouver ici la liste des candidats soutenus par le MR.

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[COMMUNIQUÉ] Accélérons ensemble contre le SIDA

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, GayLib souhaite rappeler que le combat continue. Les pouvoirs publics ne doivent pas relâcher leurs efforts et investissements.

Le Conseil National du Sida (CNS), dans son dernier avis du mercredi 27 novembre 2019, alerte sur une stabilité des nouvelles découvertes de séropositivités en France (6400 par an). Certes une légère inflexion est mise en évidence chez les HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) nés en France, mais absolument pas chez les HSH nés à l’étranger, les femmes ou chez les étrangers notamment d’origine subsaharienne.
D’autres pays comparables à la France (Royaume-Unis, États Unis) montrent une inflexion bien plus marquée. Pourtant nous disposons d’une multitude d’outils pour lutter contre l’épidémie (préservatifs, dépistages, auto-dépistages, Tasp, Prep…).

L’objectif porté par l’ONU pour enrailler l’épidémie est le 90-90-90, soit 90% des personnes séropositives diagnostiquées, dont 90% misent sous traitements, dont 90% indétectables au virus du VIH et donc non contaminantes.
Sur cette cascade la France est mauvaise principalement sur le dépistage. On estime à environ 24 000 personnes vivant avec le VIH sans le savoir en France, principal lit de la poursuite de l’épidémie.

Nous appelons, à cette occasion du 1er décembre, les pouvoirs publics à intensifier les efforts de préventions et de dépistages notamment auprès des populations cibles, mais aussi à poursuivre et accentuer leurs investissements dans la lutte contre le SIDA.

Accélérons ensemble.

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CP CEC commission Sénat

Paris, le 22/09/2016

Communiqué de presse

Le projet de loi de « modernisation de la justice du XXIe siècle » revient au Sénat en commission.
Il fera l’objet d’une nouvelle lecture avant d’être renvoyé une dernière fois à l’Assemblée nationale.

Ce texte, à travers son article 18 quater, aborde le Changement d’Etat Civil (CEC) des personnes trans.

GayLib rappelle être favorable à un CEC libre, gratuit, réalisé en mairie.
Nous demandons en effet la démédicalisation et la déjudiciarisation totales des procédures.

Le rapporteur UDI Yves Detraigne a présenté hier en commission des lois plusieurs amendements conservateurs et rétrogrades qui nous interpellent. Ceux-ci rétablissent des conditions médicales inacceptables pour le CEC : par exemple, toutes procédures médicales seraient fortement recommandées, sous peine de ne pas avoir une « apparence » physique jugée satisfaisante.
Ces conditions subjectives ainsi que le maintien d’une procédure judiciarisée continueront à engendrer des disparités de traitement dans les procédures de CEC et à rendre les décisions des juges encore trop arbitraires.
Cet amendement s’attaque également à la filiation des personnes trans : celui-ci empêche d’établir la filiation avec l’enfant sous la nouvelle identité du parent trans.
Enfin, les mineurs émancipés sont écartés des procédures.

GayLib s’inquiète de ce retour en arrière et ne soutient pas ces amendements en totale incohérence avec ceux déposés par Chantal Jouanno et soutenus par le groupe UDI-UC au Sénat en septembre 2013 dans le cadre du texte Égalité Femmes-Hommes, qui portaient un CEC comme nous le défendons.

Nous préparons l’examen de ce texte en séance publique et nous resterons attentifs aux débats, à la défense des droits et intérêts des personnes trans.

Catherine Michaud
Présidente de GayLib
Secrétaire Nationale UDI aux droits LGBT