Interview de Didier Mansuy

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Interview de Didier Mansuy

Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau, La trinité Jouhandeau-Rode-Coquet de Didier Mansuy aux Editions Orizons, diffusées par L’Harmattan.
Pourquoi avoir écrit cet ouvrage de référence :
Parce que j’ai tenu à honorer une promesse de fidélité et d’amitié. J’avais promis à Henri Rode, l’écrivain et secrétaire littéraire de Marcel Jouhandeau, de dire toute la vérité sur les deux romans « L’Ecole des Garçons » (1953) et « Du pur Amour » (1955). Il m’avait en effet longtemps parlé, durant nos vingt années d’amitié, avant son décès en avril 2004, de l’étonnante relation qu’il avait eue avec Robert et Marcel et m’avait progressivement demandé de sortir « le dieu mort de son linceul de pourpre ». Pour cela il me donna l’ensemble des lettres inédites de Marcel qu’il détenait précieusement. J’en ai fait cet ouvrage de 650 pages.

Il y a un secret dans ces révélations ?:
En effet, le secret tient en deux parties. Tout d’abord la rencontre de Robert et de Marcel ne fut pas fortuite mais organisée par Henri qui voulait combler le « maître » Jouhandeau, professeur au lycée Saint Jean de Passy. D’autre part, Marcel voulait faire du jeune Robert un écrivain émérite alors que celui-ci aimait beaucoup plus exceller en musique. Il le poussa à écrire mais la tâche était perdue d’avance, alors Henri pour ne pas contrarier Marcel écrivit les lettres à la place de Robert. Comme elles devinrent les deux ouvrages célèbres de Jouhandeau « L’Ecole des Garçons » et « Du Pur Amour », Henri est principalement l’auteur de ces livres.

Pourquoi ce livre était-il si important à réaliser :
Parce que je me devais de concrétiser la promesse faite à Henri. De plus, le livre ouvre des perspectives littéraires jamais révélées puisque les lettres sont toutes inédites. La connaissance de cette période sur Jouhandeau mais aussi sur le milieu littéraire comme sur la liberté de vie que Marcel donna, bien avant l’heure, à la condition des homosexuels est notoire et essentielle, elle préfigure les années de libérations sexuelles après 68. Important aussi, car les 8500 heures passées montrent l’ampleur de la tâche.
Jouhandeau, à la fois engagé et mystique, n’alla pas jusqu’au bout de sa logique et ne parvint jamais à quitter « son dragon » Elise, mais l’immense relation d’amour qu’il eut avec Robert, durant 12 ans, de 1948 à 1960, aux yeux de tous, est un extraordinaire pied de nez aux clichés sur lui que certains considèrent comme trop près de la religion. Il était fier de son désir et de l’avoir découvert en « caressant le corps du Christ, nu sur la croix ».

Site Internet : didiermansuy.com

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